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Bitplanet mise sur le minage de Bitcoin pour des revenus récurrents

Bitplanet, une société sud-coréenne de cryptoactifs, lance ce mois-ci une activité de minage de Bitcoin, rompant avec la simple détention de pièces. Ce changement modifie la façon dont l’entreprise génère et gère ses bitcoins, en créant des revenus tirés du minage, qui dépendent des coûts d’équipement et d’énergie plutôt que des seuls prix du marché.
Bitplanet fait évoluer sa stratégie Bitcoin, passant de l’achat de pièces à leur production. La société sud-coréenne a annoncé le 24 juin la signature d’un protocole d’accord stratégique avec Antalpha, cotée au Nasdaq, et d’autres partenaires de l’écosystème minier.

Dans le cadre de cet accord, Bitplanet prévoit d’acquérir pour 15 milliards KRW d’équipements de minage de Bitcoin et de démarrer des opérations à grande échelle ce mois-ci. Cela marque une rupture nette avec le modèle de trésorerie classique utilisé par de nombreuses entreprises crypto cotées, où le capital est d’abord levé, puis le Bitcoin est inscrit au bilan ultérieurement.

Le minage change l’équation économique. Une trésorerie constituée par des achats dépend surtout de l’accès au marché et du prix du Bitcoin. Une trésorerie bâtie par le minage repose sur le hashrate, les coûts électriques, l’hébergement, la disponibilité des machines et la qualité de l’exploitation industrielle. Ce sont des risques très différents, qui peuvent évoluer rapidement.

Bitplanet indique que les BTC minés seront comptabilisés en revenus d’exploitation et gérés comme un actif financier de long terme. L’entreprise qualifie ce réservoir de financement pour les réserves de liquidité, la couverture des risques et le réinvestissement. En clair, les pièces minées sont appelées à faire plus que dormir au bilan.

La première phase devrait générer plus de 7 BTC par mois et plus de 80 BTC par an, sous réserve du taux d’utilisation des équipements et des coûts de l’électricité. Avec un Bitcoin autour de 61 000 $, cela représente environ 4,9 millions de dollars de production brute annuelle avant prise en compte de l’énergie, de l’hébergement, des financements, des réparations, des impôts et des frais généraux. Ce chiffre donne une indication d’échelle, pas une estimation de bénéfice.

C’est là le test décisif pour Bitplanet et les autres sociétés qui misent sur une trésorerie en Bitcoin. Une entreprise peut-elle continuer à renforcer son exposition au Bitcoin sans devoir, à chaque étape de croissance, retourner sur le marché lever des fonds supplémentaires ? Le minage offre une réponse possible, mais il lie aussi la stratégie à l’exécution industrielle, et pas seulement à la hausse du cours du token.

Bitplanet s’était déjà engagée dans l’accumulation de Bitcoin, notamment via des achats antérieurs liés à son plan de trésorerie. L’accord avec Antalpha pousse cette logique un cran plus loin et fait de l’entreprise un opérateur, et non un simple acheteur. Les investisseurs surveilleront désormais le rythme de déploiement des équipements, la production mensuelle et la part de BTC conservée ou vendue, une fois les opérations lancées.